Dans la peau de Philippe Semin
Publié le 24 février 2023
Développement du groupeRentré dans la société en 1982 avec 12 employés. Aujourd’hui 850 collaborateurs et présence dans 72 pays. Votre réaction ?
Je suis content que ma fille reprenne la société pour continuer à la faire évoluer.
Votre parcours avant votre arrivée chez SEMIN ?
J’ai fait une première année de médecine où je n’ai pas beaucoup travaillé en rendant même une copie blanche en physique. J’ai retenté la première année en travaillant de manière acharnée, mais j’ai quand même loupé… Après ces deux années de médecine, j’ai hésité entre des études d’architecture comme je suis passionné de dessin ou une école de commerce, mais je trouvais les études d’architecture trop longues. C’est à ce moment que mon père m’a proposé de reprendre la société après mon école de commerce.
Aviez-vous d’autres rêves ?
Des rêves : Non, mais je me voyais bien Médecin de campagne car j’aime beaucoup le contact et les relations humaines que l’on trouve dans ce métier. Après mon service militaire j’ai également hésité à rester dans l’armée.
Vos premiers pas dans la société ?
Difficiles ! Quelques jours après mon arrivée dans la société nous avons eu un rendez-vous avec notre banquier, j’étais accompagné de mon oncle et de mon père. Le banquier nous a fait comprendre que nous avions un an pour redresser la barre sinon il ne nous suivait plus.
Notre comptable nous répétait continuellement que nous allions déposer le bilan car nous avions plus de dettes que de capitaux. Il fallait vendre plus et c’est ce que nous avons fait avec Thierry Lefeuvre.
Quand avez-vous été actionnaire majoritaire de la société ?
Je dirais dans les années 2000. Ma famille voyait la société grossir et n’avait plus confiance en moi à 100%. Ils souhaitaient mettre un directeur général et m’ont obligé à faire un audit pour connaitre la meilleure orientation pour la société. A ce jour, c’est Caroline qui est actionnaire majoritaire. Durant l’audit, on m’a conseillé et orienté vers le rachat de toutes les parts de mon père et mes frères et sœurs. Cela me paraissait impossible mais j’ai décidé de me challenger et de foncer. Je remercie mon oncle Pierre Semin qui m’a beaucoup aidé durant le démarrage et la reprise de la société.
Avez-vous une ligne directrice dans le développement de la société ?
Ma ligne directrice depuis mes débuts : Toujours gagner de nouvelles parts de marché et de nouveaux clients ! C’est une grande satisfaction de gagner un client, j’éprouve plus de plaisir à gagner un client que d’avoir un beau bilan. J’ai également cette satisfaction quand mes équipes en font de même.
Comment et d’où vient votre sens du Business ?
Le gout du contact humain et l’esprit de compétition qui me donne cette envie de gagner.
Parlez-nous du développement à l’international.
Dès 1982, Thierry Lefeuvre a mis en place une stratégie claire : Essayer de tisser une toile d’araignée avec pour point central Kedange-sur- Canner. On a commencé par élargir à tous les départements de France pour arriver en Belgique et ensuite en Allemagne. Thierry a ensuite eu l’opportunité et le courage d’aller rapidement en Pologne ce qui nous a permis de gagner rapidement des marchés à l’international.
Et si vous aviez une anecdote à nous raconter ?
Je me rappelle d’une soirée avec Thierry Lefeuvre, on devait voir un client à Sainte-Maxime en plein hiver. A cette époque, par souci d’économie nous partagions la même chambre. Après quelques verres de Marc de Bourgogne, j’entends Thierry au téléphone avec une entreprise de plâtrerie. Je me suis rendu compte rapidement qu’il était déjà 07h30 !
Tout d’un coup, Thierry se retourne vers moi et me demande si on peut faire un effort sur les prix et les conditions. Je n’avais rien entendu de la conversation et j’étais encore sous les effets du Marc de Bourgogne. J’ai juste répondu « OUI ! ». On a décroché le client et depuis je n’ai plus jamais touché au Marc de Bourgogne.
Ce que vous préférez dans votre travail ?
La relation et le contact humain, travailler avec une équipe jeune, travailler avec ma fille. Ce qui est pour moi une grande satisfaction et une grande fierté.
Si vous pouviez occuper un autre poste dans la société, ça serait lequel ? et pourquoi ?
Je dirais commercial. Gagner des nouveaux clients, la relation humaine, l’indépendance et le challenge m’ont toujours animé. Durant ma carrière, la partie que j’ai adoré c’est mon poste de commercial avec Thierry Lefeuvre. On parcourait la France des chantiers, aux entreprises pour décrocher des nouveaux clients et des nouvelles commandes. On avait une carte Michelin sur les genoux, des pièces pour le téléphone, l’annuaire Sageret pour trouver les clients, et quelques sacs d’enduits dans le coffre. Ce qui nous suffisait amplement. Avec du recul cette indépendance était appréciable, nous n’étions pas dérangés par le téléphone, les mails et pourtant le travail se faisait très bien.
Votre plus grande fierté ?
J’ai toujours voulu être accessible pour tout le monde. De mes employés à mes clients. Pour vous dire, je n’ai jamais été sur liste rouge. Je voulais être joignable par tous, à n’importe quel moment. Durant toutes ces années, j’ai voulu conserver ce côté humain et cette relation humaine que j’ai avec les gens. C’est très important pour moi.
Avez-vous eu des moments de doute ?
J’ai eu des hauts et des bas. Certaines années étaient plus compliquées. Voir même très compliquées. La reprise des actions de ma famille a été un challenge personnel. Je prenais un gros risque financier mais je sentais que j’avais besoin de travailler seul et je savais que mon esprit combatif prendrait toujours le dessus sur les doutes. J’avais envie de prouver que j’étais capable de réussir ce défi, avec du recul je pense que je voulais d’abord me le prouver à moi-même.
A quoi ressemble une journée dans la peau de Philippe SEMIN ?
Au levé, je vais directement caresser Flash et Jorge mes deux chiens. Je vais ensuite les promener et prendre mon petit-déjeuner. En arrivant au travail Claudine me prépare un thé, je lis mes mails, je regarde mon agenda pour connaitre mes rendez-vous de la journée et je regarde le papier dans ma poche. L’histoire de ce papier est simple, je note des choses le soir ou la nuit : des idées, des pensées des choses à faire et je le relis le lendemain au bureau.
Je vais ensuite déjeuner chez Jaminet, le restaurant de Kédange-sur-Canner, une salade pour moi et quelques bouts de charcuteries pour mes chiens.
A mon retour du déjeuner ; j’essaie de rester efficace pendant que les chiens dorment. J’ai toujours gardé dans le coin de ma tête un principe que m’ont inculqué les anciens : Dans la matinée, tu réalises le travail de ta journée et l’après-midi c’est du plus.
J’essaie de ne pas rentrer trop tard et je rejoins mes copains à la belote. C’est indispensable pour moi d’avoir cette activité, c’est l’occasion de voir des gens de différents horizons. Mon surnom à la Belote : Poisson rouge… mais je gagne assez souvent et j’adore cette activité.
Votre réaction à l’annonce de l’arrivée de Caroline dans la société en sachant que la société restera familiale ?
C’est ma plus grande satisfaction. Elle hésitait avec le secteur de l’hôtellerie restauration, elle était attirée par ce secteur car elle admirait son grand-père maternel qui tenait le restaurant Le Concorde à Thionville. Elle a ensuite décidé de s’orienter vers une école de commerce pour intégrer la société. Pour la petite histoire, Caroline a pris la moitié de mon bureau à son arrivée et elle ne voulait pas mettre de cloisons, mais j’ai préféré cloisonner et accrocher des rideaux et cinq ans après j’ai fermé une seule fois les rideaux.
Conseils à donner aux nouvelles recrues SEMIN ?
Être à l’écoute et rester simple.
Selon vous la clé de la réussite ?
De la volonté, un travail régulier, ne jamais baisser les bras. Sans oublier le facteur chance.
Si vous aviez un souhait à réaliser pour le futur de la société ?
Aller encore plus vite et encore plus loin.
Qu’aimez-vous faire de votre temps libre ?
Passez du temps avec mes amis.
Si vous deviez dire un mot au Philippe SEMIN qui fait son premier jour dans la société en 1982, quel serait-il ?
Fait ce que tu as à faire.
Le mot de la fin
Il faut garder cet esprit familial, il est important de pouvoir travailler dans des conditions relationnelles favorables.